
Le prix moyen national des terres et prés libres s’établit à 6 460 euros par hectare (€/ha) en 2025, soit une hausse modérée de 0,9 % sur un an. Les terres louées enregistrent une progression plus soutenue, à 5 350 €/ha (+2,5 %), marquant une quatrième année consécutive de hausse.
Le marché des terres et prés repart à la hausse après trois années de recul. Les transactions augmentent de 3,2 % pour atteindre 92 340 ventes, tandis que les surfaces échangées progressent de 5,9 %.
Les évolutions restent toutefois contrastées selon les productions agricoles. Les zones de grandes cultures voient les prix progresser davantage, avec une moyenne de 8 150 €/ha (+4,2 %), alors que les zones d’élevage bovin reculent légèrement à 4 740 € (-1 %).
Le marché des vignes affiche une situation plus fragile. Le prix moyen des vignes AOP recule de 2,9 % pour atteindre 171 400 €/ha.
La crise du vin rouge continue de peser sur plusieurs bassins historiques. Les baisses les plus importantes concernent le Sud-Ouest (-28,1 %) et Bordeaux-Aquitaine (-23,8 %). À l’inverse, certaines régions prestigieuses restent orientées à la hausse, notamment la Bourgogne-Beaujolais-Savoie-Jura (+3,9 %) et la Champagne (+0,9 %).
Le marché du Cognac connaît une chute encore plus marquée. Le prix des eaux-de-vie AOP tombe à 23 200 €/ha, soit une baisse de 54,5 % sur un an et de plus de 60 % en trois ans. Les Safer relient cette situation au recul des exportations et aux tensions commerciales internationales.
Dans son communiqué, le président de la FNSafer, Thierry Bussy, estime que « le marché des vignes est à l’arrêt » et évoque une restructuration profonde de la filière viticole française.
Le marché forestier poursuit également sa hausse. Le prix moyen national des forêts atteint 4 950 €/ha (+2,5 %). Les grandes forêts restent particulièrement recherchées, avec des records pour les massifs de plus de 100 ha. Les personnes morales privées – groupements forestiers ou investisseurs institutionnels – représentent désormais plus de la moitié des surfaces acquises.
Les Safer soulignent cependant les risques de financiarisation liés aux marchés du carbone et de la biodiversité. Le communiqué de presse évoque « la spéculation et la financiarisation » qui ont fait « s’envoler le marché des plus grands massifs ».
Les surfaces destinées à l’urbanisation continuent de diminuer sous l’effet de l’objectif de « zéro artificialisation nette ». En 2025, les surfaces concernées reculent encore de 16,6 %, à 8 500 ha. Dans le même temps, les terrains constructibles de moins d’un hectare acquis par des particuliers voient leur prix moyen progresser à 40,50 €/m² (+3,4 %).
Au-delà des prix, la FNSafer met en avant les difficultés de transmission des exploitations agricoles. Selon les données du recensement agricole 2020, un quart des exploitations françaises étaient dirigées par des agriculteurs âgés de 60 ans ou plus. Pour les Safer, la question centrale n’est plus seulement celle de la vente de terres, mais celle de la transmission d’outils de production complets : foncier, bâtiments, matériel et cheptel. Dans son communiqué, Thierry Bussy souligne que les exploitants « ne vendent pas des parcelles de terres, ils transmettent des exploitations entières ».

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