
Réalisée auprès de 403 porteurs de projets et jeunes agriculteurs, l’étude met en lumière l’émergence d’une nouvelle génération qui redéfinit les contours du métier, en privilégiant les projets collectifs, la diversification des activités et les circuits de commercialisation de proximité.
Premier enseignement du baromètre : le modèle historique de l’exploitant travaillant seul tend à reculer. Plus d’un répondant sur deux (54 %) s’installe désormais à plusieurs, que ce soit en couple ou au sein d’un collectif, contre 46 % qui choisissent encore une installation individuelle.
Cette évolution traduit une transformation profonde des aspirations professionnelles. Mutualisation des investissements, partage de la charge de travail, recherche d’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et personnelle ou encore volonté de rompre avec l’isolement : autant de motivations qui expliquent l’essor de ces formes d’organisation plus collaboratives.
Selon Eloi, cette tendance avait déjà été observée l’an dernier, avec près d’un candidat à la reprise sur deux souhaitant intégrer un Groupement Agricole d’Exploitation en Commun (Gaec).
L’étude met également en évidence une diversification croissante des parcours professionnels. Près de 38 % des personnes interrogées déclarent exercer une activité complémentaire à leur activité agricole.
Loin d’être marginale, cette double activité apparaît comme une stratégie d’adaptation aux réalités économiques du secteur. Elle permet de sécuriser les revenus, de développer de nouvelles sources de financement et parfois de répondre à des aspirations personnelles distinctes de l’activité agricole.
Autre changement majeur : les modes de commercialisation. Les jeunes agriculteurs privilégient désormais massivement les débouchés de proximité.
Parmi les exploitants déjà installés, 54 % pratiquent la vente directe et 41 % commercialisent leur production via des circuits courts. Ces canaux dépassent désormais les coopératives (40 %), le négoce (22 %) ou encore les débouchés industriels (13 %).
Les porteurs de projet affichent même des ambitions encore plus marquées, avec 66 % envisageant la vente directe et 64 % les circuits courts.
Cette évolution traduit une volonté de reprendre la maîtrise de la commercialisation, de renforcer le lien avec les consommateurs et de dégager davantage de valeur ajoutée sur les exploitations.
Le baromètre souligne également l’importance croissante des considérations environnementales dans les projets d’installation.
Parmi les porteurs de projet, 35 % envisagent une exploitation en agriculture biologique et 30 % un modèle conventionnel intégrant des mesures agroenvironnementales. Chez les agriculteurs déjà installés, ces proportions atteignent respectivement 41 % et 21 %.
Au total, près des deux tiers des répondants privilégient des systèmes de production jugés plus vertueux que l’agriculture conventionnelle stricte, signe que les préoccupations environnementales deviennent un critère structurant dans les choix d’installation.

Pour François Moret, cofondateur et directeur général d’Eloi, ces résultats témoignent d’une évolution profonde du secteur agricole français. « Nous assistons à l’émergence d’une nouvelle génération agricole qui ne cherche plus à reproduire les modèles historiques. Elle recherche un nouvel équilibre économique, social et territorial », souligne-t-il.
Face au défi du renouvellement des générations, ces nouveaux profils pourraient jouer un rôle déterminant dans l’avenir de l’agriculture française. Plus collectifs, plus diversifiés et davantage orientés vers les circuits de proximité, ils dessinent les contours d’un modèle agricole que beaucoup considèrent comme plus résilient et mieux adapté aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux des prochaines décennies.


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