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Xavier Laureau, co-gérant des Fermes de Gally "Agriculture et société : je t’aime, moi non plus"

mardi 13 mars 2018

Agriculteur ? Distributeur ? Paysagiste ? En tout cas Xavier Laureau est un entrepreneur. Co-gérant des Fermes de Gally, il vit l’agriculture urbaine au quotidien et, pour cette 13e Matinagri, nous livre son sentiment sur le divorce entre le monde agricole et la société. Avant la sortie de son livre sur ces agricultures urbaines, entre opportunités ou utopies.

« On est dans une situation incroyable où on a d’un côté, quelque chose qui n’est plus de ce temps, et de l’autre, une vision urbaine et médiatique qui elle, croit au renouveau de l’agriculture en ville, qui voit dans le circuit-court, la voie unique de rédemption des agriculteurs devenus esclaves malgré eux d’un système. Une vision surtout où le sujet agricole n’est pas l’agriculture. Le sujet, c’est manger est un acte agricole. Donc le goût, la santé, sont exclusivement portés par le monde urbain qui n’a pour seule solution que la permaculture et l’agroforesterie. Si on résume, on n’a plus que ces mots-là à la bouche. C’est quand même incroyable de voir les raccourcis de langages intervenus en l’espace de quelques années. Qui connaissait le mot permaculture il y a cinq ans ? »

Pour Xavier Laureau, la complexité et la diversité de la ferme France ne sont pas audibles. Et les clivages culturels se creusent. En même temps, le monde agricole change : « la notion de groupe, de réseau, renaît… ces agriculteurs savent que leur destin économique vient de l’ouverture d’esprit ». Piliers des territoires, piliers de l’alimentation saine et piliers de solidarité, les agriculteurs doivent changer leur rapport à la population, communiquer avec optimisme, bonne humeur et humour, estime-t-il. « Si vous n’avez pas les trois aujourd’hui, vous ennuyez les gens ! Ces notions se cultivent, même si c’est dur ». Aider les gens à passer dans une positivité qui va leur permettre de surmonter les difficultés et d’être audibles passe aussi par une réorientation des politiques publiques. Des politiques qui doivent, selon Xavier Laureau, protéger le foncier pour que les jeunes s’inscrivent dans le temps, flécher les soutiens sur les investissements régionaux stratégiques pour les filières, revoir le système de formation et instaurer une politique des prix dignes avec la contractualisation sur le temps long.

VOIR ICI LE COMMENTAIRE D'HERVE PLUYAUT, cabinet Aucap Terravéa, membre d'AGIRAGRI