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Jean Jouzel : agriculture et changement climatique

lundi 11 décembre 2017

Invité régulier des radios et plateaux télé, c’est à la 12e Matinagri que Jean Jouzel est une nouvelle fois venu tirer la sonnette d’alarme. « Pas besoin de faire du catastrophisme, la situation est catastrophique ».
Le climatologue et ancien vice-président du GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) avance des données scientifiques qui font froid dans le dos. Sans mauvais jeu de mots, le réchauffement climatique est en marche. L’expert estime que nous avons trois ans pour réagir. « Pour espérer rester en-deçà de 2°C de réchauffement par rapport à l’ère préindustrielle, il faudrait que le pic d’émissions de gaz à effet de serre survienne au plus tard en 2020 », souligne-t-il. Il prévoit notamment des étés de plus en plus chauds, jusqu’à 6 à 8°C de plus d’ici la fin du siècle. « En France, on n’aurait plus que du chêne liège » dans les forêts. Mais le réchauffement climatique, ce n’est pas seulement des étés plus chauds, il suffit de regarder 2014 : l’année a été la plus chaude avec un automne et un hiver doux, mais l’été fut très pluvieux. Ce sont aussi des risques d’inondation, de montée des eaux (+50 cm d’ici la fin du siècle), des incendies… et une insécurité alimentaire accrue.
Sur les rendements agricoles mondiaux, il constate déjà une diminution des rendements de 2 % en blé, un peu moins pour le maïs. En France, ils stagnent pour la première fois depuis les années 2000. » Si Jean Jouzel juge l’accord de Paris comme un succès dans son universalité (les USA ne se sont pas encore retirés), « l’objectif va être très difficile à atteindre », reconnaît-il. Au-delà du constat, le scientifique met en avant les opportunités que l’agriculture doit saisir : méthanisation, éolien, solaire... Le secteur en a pris la mesure et cherche des solutions pour moins émettre. Le chercheur a notamment cité le projet LACCAVE de l’Inra mais aussi CLIMALAIT.

VOIR ICI L'INTERVIEW DE JEREMY BOISSEAU, Cabinet ALTONEO

VOIR ICI L'INTERVIEW DE PIERRE DEGREGORI, consultant AGIRAGRI